Près de Montreux, des pourparlers entre la RDC et le M23 se tiennent dans un lieu tenu secretDes pourparlers entre Kinshasa et les rebelles du M23 ont lieu jusqu’à mercredi, sous médiation qatarie et américaine. Délocalisées de Doha en raison des tensions au Moyen-Orient, ces discussions doivent aborder l’accès humanitaire dans l’est de la RDCDes pourparlers ont lieu près de Montreux (VD) sur la situation en RDC entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23 qui contrôlent l’Est du pays. Cette 9e série de discussions a lieu pour la première fois en Suisse en raison des tensions au Moyen-Orient.Les discussions ont démarré lundi et doivent se terminer mercredi, selon des sources convergentes. Elles ont lieu dans un site tenu secret et sont organisées par le Qatar et les Etats-Unis.Le porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Nicolas Bideau a confirmé mardi ces négociations en Suisse. «Ces discussions s’inscrivent dans la continuité des efforts de médiation en vue de contribuer à une résolution pacifique du conflit dans l’est de la RDC», selon M. Bideau. Lire aussi: «L’Afrique représente l’épicentre des activités terroristes dans le monde» De Doha à Montreux Auparavant, les parties au conflit s’étaient retrouvées à plusieurs reprises dans l’émirat du Golfe, dont l’accès est désormais plus volatil après la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran. L’année dernière, les autorités de la Répubique démocratique du Congo (RDC) et les rebelles avaient signé à Doha une trêve élargie. Ils avaient également abouti à un protocole pour la libération des détenus.Une feuille de route vers la paix avait ensuite été validée par Kinshasa et Kigali à Washington. Mais ces arrangements n’ont pas mis un terme aux affrontements. Des violences ont encore eu lieu depuis le début de cette année. Lire aussi: Washington sanctionne l’armée rwandaise pour son soutien au M23 dans l’est de la RDC Discussions humanitaires Il y a un mois, les Etats-Unis, qui ont facilité les pourparlers entre la RDC et le Rwanda, avaient affirmé que les deux pays avançaient vers l’application de l’accord de paix.Selon des médias congolais et rwandais, un protocole pour améliorer l’accès humanitaire et pour rouvrir des aéroports dans l’Est de la RDC dans cet objectif serait sur la table.Les violences de début 2025 ont fait des milliers de victimes. Un million de personnes ont été déplacées après la prise de Goma et d’autres villes par le M23, soutenu par le Rwanda. Commission d’enquête attendue Une mission d’établissement des faits de l’ONU avait estimé que les rebelles avaient perpétré des actes équivalant à des crimes contre l’humanité. L’armée congolaise s’était elle vu reprocher des crimes de guerre.Le M23 était responsable d’exécutions sommaires, de la torture, des disparitions et des recrutements forcés contre toute personne considérée comme s’opposant à lui ou comme une menace, avait affirmé la mission mandatée par le Conseil des droits de l’homme. Des violences sexuelles, notamment en détention, avaient également été perpétrées, y compris de l’esclavage sexuel. Le Haut-Commissariat de l’ONU avait annoncé que leur nombre avait augmenté de 270% de janvier à février 2025.Durant leur recul en janvier et février au moment où le M23 avançait sur Goma, l’armée et ses milices alliées comme le Wazelendo avaient elles aussi perpétré des violences sexuelles, surtout des viols contre des femmes, et des pillages. Des civils avaient aussi été délibérément tués. Une Commission d’enquête internationale doit prendre la suite de la mission d’établissement des faits, mais ses travaux n’ont pas commencé en raison de la crise financière à l’ONU.